Du primaire au doctorat : un parcours sinueux vers la réussite scolaire


Résumé

  • Je voulais aller en psychologie, mais ce n’est qu’après avoir reçu une réponse négative à ma demande d’admission que j’ai déchanté: selon les critères d’admission, je n’étais pas assez bon
  • J’ai aujourd’hui réussi a terminé un doctorat, une chance inouïe considérant que je n’avais pas a priori un assez bon dossier pour mériter une bourse d’étude.
  • Atteindre le zénith scolaire, est-ce un succès garanti? À priori, oui, mais prenez garde… Les études ne sont qu’un moyen et non une fin!

Articles Similaires

  • Il n’y a pas que l’école dans la vie!
    1
    21.jan
  • Parents, éduquez vos enfants à utiliser Internet
    0
    18.fév
  • Faut-il aller à l’école?
    5
    03.jan































by

Au fond de moi, j’ai toujours su que j’allais obtenir un doctorat, mais ce que je n’ai jamais su, c’était dans quel domaine j’allais l’obtenir. Dès mon plus jeune âge, je savais que mes qualités de bon élève allaient paver mon parcours de réussite. Ma route vers le succès scolaire semblait tracée d’avance.

Toutefois, pour parvenir à la destination du doctorat, personne ne m’a tenu la main ou indiqué les directions à suivre, et j’ai même été égaré à quelques reprises. Bref, j’ai dû conduire seul ce long périple, vers le doctorat.

Afin de vous encourager à poursuivre vos études, je vous présente ici les grands faits marquants de mon cursus académique et vous explique pourquoi ils sont importants pour vous.

L’école primaire

Durant l’été qui a précédé ma première rentrée scolaire, à l’âge de 5 ans, ma mère m’appris l’alphabet, les additions et les soustractions, entre autres. Grâce à cela, je suis passé directement de la 1ere année à la 3e année (sans passer par la 2e) en raison de l’avance que j’avais sur les autres. On me considérait comme le jeune surdoué à cause du fait d’avoir «sauté» une année scolaire. La plupart du temps, en classe, j’étais parmi les premiers, et ce, même si j’étais plus jeune que les autres élèves.

Je prenais l’école très au sérieux. Tout indiquait que j’allais bien réussir mon parcours scolaire.

L’école secondaire

J’ai d’abord été (en secondaire 1 et 2, soit les classes de 6ième et 5ième dans le système français) dans un collège privé où l’uniforme, la rigueur et la discipline, faisaient l’image de cette institution académique par excellence. Les exigences élevées, les manquements à l’ordre sévèrement punis et les devoirs incessants, ont fait de moi quelqu’un qui reconnaissait l’autorité et qui évitait tous les faux-pas.

Quoique bénéfique dans un premier temps, cette attitude que j’avais envers l’école est devenue une phobie, une crainte de l’échec. La pression de la réussite à tout prix, ainsi que l’exigence d’être très performant dans l’environnement hyper compétitif de l’éducation privée, ne me convenaient peut-être pas. J’ai donc demandé à mes parents de me transférer dans une école secondaire publique.

Résultat: j’ai «passé» le reste de mon secondaire sans difficultés et sans efforts à cause de l’éducation reçue au privé. L’éducation publique étant beaucoup moins approfondie que celle du privé, le secondaire est devenu, à mes yeux, ce passage «obligé» mais de trop longue durée, avec du «bourrage de crâne» par la culture générale et bien des cours qui pour moi ne servaient à rien, car je les trouvais trop faciles.

Dépourvu de challenge académique, mon secondaire à l’école publique n’a été qu’une sorte de purgatoire, en attendant de faire mes sciences au niveau pré-universitaire (appelé CÉGEP dans le système anglo-saxon). Mais il faut ajouter à cela le fait que les distractions et les influences de toutes sortes faisaient dépérir mon désir d’avoir du succès dans mes travaux scolaires.

Je perdais ma volonté de vouloir travailler dur et obtenir de bonnes notes. À l’instar de mes camarades, je préférais alors plutôt embrasser les filles, et sortir faire du skateboard dans la rue. Je ne prenais plus l’école très au sérieux.

Le collège (la pré-université, dans le système anglo-saxon)

Le niveau collégial (CÉGEP) m’a remis les choses en perspective… Je commençais tout juste mes études en sciences naturelles quand j’ai reçu ma première claque au visage par la dure réalité de l’école, et je n’étais pas mentalement préparé à ça.

Les maths, la bio, la chimie, la physique, le français, l’anglais, la philo… Trop de devoirs en trop peu de temps; avec un manque de suivi par les professeurs, qui ont fait que pour la première fois j’ai craqué: j’ai accusé un échec en mathématiques… Puis, l’année suivante, un deuxième échec est venu me hanter… encore en maths!

À cause de la négligence que j’ai développée au secondaire, le CÉGEP a été très dur pour moi. À l’époque, je n’avais pas tout à fait conscience des difficultés scolaires auxquelles j’allais être confronté. Il fallait que je me ressaisisse, et vite, car je devais viser une admission à l’université.

La psychologie m’intéressait beaucoup. Je voulais aller en psycho, je me voyais déjà psychologue ou psychiatre. Mais ce n’est qu’après avoir reçu une réponse négative à ma demande d’admission que j’ai déchanté: selon les critères d’admission, je n’étais pas assez bon. À cause de mes échecs en maths, ma moyenne générale était trop faible pour être accepté en psycho à l’université!

J’essuyais alors ma deuxième grande déception. En revanche, j’avais plutôt été admis en biochimie. J’ai donc accepté l’admission en guise de consolation.

L’université

Contrairement aux études collégiales, le programme de bachelor (licence dans le système français) en biochimie a été très plaisant et agréable à suivre. Je vivais la vie d’étudiant universitaire, et j’avais des cours et des professeurs intéressants. Bref, je m’amusais beaucoup.

C’était la belle vie, jusqu’à ce que je réalise qu’à peine 5% des élèves continuaient, selon les statistiques, leurs études à la maitrise… Ceci dit, afin d’avoir une bonne moyenne et espérer être accepté à la maitrise, je devais mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard que j’avais sur les autres élèves. Mais l’université, c’était du sérieux…

Et pour cause!

Les frais de scolarité élevés, l’environnement compétitif, ainsi que la pression de devoir faire quelque chose d’important de sa vie, faisaient de l’université un lieu hostile et stressant. En effet, qui ne serait pas valorisé d’être le premier de sa classe au bachelor? D’avoir un accès garanti à la maitrise? D’être sélectionné par une entreprise pour un stage?

À cause de cette farouche compétition, conserver des notes au dessus de la moyenne du groupe était presque impossible, mais je restais zen et me disais qu’il n’y avait pas que les notes qui comptaient vraiment, et que ma personnalité pouvait me rendre là où je voulais aller, c’est-à-dire, jusqu’au doctorat.

Les études graduées (études juste avant le doctorat)

Une fois venu le temps de me trouver un laboratoire de recherche pour effectuer mes études graduées, je me suis, encore une fois, buté à des portes fermées.

Apparemment, ma moyenne générale de 80 % était insuffisante pour me permettre d’accéder au club sélect des études graduées. Selon les règles non écrites, je n’avais aucune chance d’y parvenir car pour accéder aux études supérieures je devais me procurer une bourse d’études; chose qui exigeait une moyenne générale d’au moins 85 %. Du coup, je me suis dit que finalement, les hautes sphères académiques étaient inatteignables.

Je me disais que j’avais quand même parcouru un bon bout de chemin et que j’allais abdiquer, jusqu’à ce qu’un jour, un professeur me répondit favorablement pour une demande de stage et demanda une entrevue.

J’avais un mauvais souvenir de mes dernières entrevues… d’où j’étais ressorti avec ce sentiment, de ne pas être à la hauteur. Mais contrairement aux autres entrevues, je n’ai pas dit un mot ou presque. D’ailleurs, je ne comprenais pas grand-chose de ce que me disait ce professeur à propos des recherches qu’il effectuait dans son laboratoire. Mais à ses yeux, ça ne faisait rien! Il avait besoin d’un étudiant et mes quelques bonnes notes (A+, soit 20/20) étaient placées dans les bonnes matières, soit celles qui l’intéressaient.

Aussi simple que ça, j’allais désormais travailler en recherche sur les effets apoptotiques du trioxyde d’arsenic chez les neutrophiles dans un laboratoire qui étudie l’inflammation et la physiologie des granulocytes… Rien de moins!

Après moult échecs, je réalisais bien la chance d’être accueilli dans ce laboratoire!

À partir de ce moment, j’allais profiter de ce stage pour prouver tout mon potentiel en recherche. Tous les jours je me montrais actif, je posais les bonnes questions, pour mériter une place dans ce laboratoire.

Après quelques semaines de travail, mon professeur est venu me demander: «Es-tu intéressé à poursuivre à la maitrise?» Et c’est alors que dans ma tête, je me suis dit: «Bingo!». C’était l’offre que j’attendais.

Une chance inouïe, considérant que je n’avais pas, a priori, un assez bon dossier pour mériter une bourse d’étude. Le comble, mon bachelor n’était pas encore terminé, car il me restait deux cours à compléter. Comme quoi, rien n’est tracé d’avance.

J’ai donc, à la fin de mon stage, commencé ma maitrise tout en terminant mon bachelor à temps partiel. Je n’ai pas lâché mon objectif de la recherche, et le travail acharné a fini par produire ses fruits: j’ai réussi à publier deux articles scientifiques qui m’ont valu une première bourse d’étude doctorale.

Le Doctorat

Je pouvais enfin oublier mes échecs passés et me concentrer sur la prochaine étape de ma vie: le doctorat. J’étais très fier car j’entreprenais donc le marathon d’une vie, après tous ces efforts et ces incertitudes. Je savais intérieurement que je pouvais le faire et c’est pourquoi j’ai réussi.

À partir de ce moment, le reste de l’histoire n’a été qu’une formalité et j’ai développé un lien très fort avec mon directeur de recherche durant les années de ma maitrise et mon doctorat.

Mon doctorat, a été sans contredit un point culminant dans mes études. Après coup, qui ne serait pas heureux d’obtenir un diplôme de doctorat? D’atteindre ce point, cette haute cime, que soi-disant seule l’élite parvient à avoir? Mais prenez garde! Les études ne sont qu’un moyen, et non une fin en soi!

L’histoire de mon parcours académique vous démontre que le chemin vers le succès scolaire n’est pas toujours tracé d’avance. Effectivement, je n’aurais jamais pu dire sur quoi, ni où, j’allais faire mon doctorat, mais je suis quand même extrêmement fier de ce que j’ai accompli. Maintenant, il faut regarder vers l’avenir car le meilleur est à venir!

Aujourd’hui, je peux vous dire que la «préparation» est parfois plus importante que la «performance». Sans les échecs que j’ai vécus, je n’aurai pas eu le bagage nécessaire pour affronter le doctorat, fait de difficultés et d’incertitudes.

Pour terminer le doctorat, il m’a fallu plus que des bons résultats. J’ai du être capable d’accepter l’échec, de garder la tête haute dans les moments de désespoir, de beaucoup de courage et encore plus de persévérance… et aussi, bien sûr… un peu de chance!

Ne perdez pas espoir de voir un jour vos rêves se réaliser, et «bonne chance» dans vos études!

Francis Antoine, ABC Champions

2 Recommander cet article

by

Comments

Commentaires


Médias Sociaux
Partager cet article





Francis Antoine

Par Francis Antoine

mars 11, 2015 12:38

TAGS:
doctoratparcours académiquepersévéranceréussite scolaire

Leave a comment

0.0/5