Pamela Calixthe, meilleure lauréate au BAC 2014 au Cameroun, veut être un exemple pour les filles


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ABC Champions est allé à la rencontre de Pamela, jeune étudiante, travailleuse, ambitieuse, inspirant exemple. Suivez l’entretien, et retenez-bien son nom…

ABC Champions : Pouvez-vous, en quelques mots pour les lecteurs, nous dire qui vous êtes?

Pamela : Mon nom complet est Kammegne Noumsi Pamela Calixthe, j’ai 17 ans, je suis Camerounaise, boursière de l’État Camerounais, résidente au Maroc, où j’étudie actuellement dans les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs, dans la ville de Kénitra. J’ai eu mon BAC en 2014, avec la note de 16.3/20, Mention Très Bien.

Certains médias vous ont cité comme étant la meilleure lauréate du pays. Pouvez-vous expliquer pour les lecteurs ce que cela signifie ?

Cela signifie que parmi les lauréats au BAC en 2014, j’étais la première fille au classement, dans tout le pays.

Et vous étiez en Terminale, série Sciences Mathématiques.

Tout à fait.

Qu’avez-vous fait après l’obtention de votre diplôme du BAC ?

Après le BAC, j’ai préparé et passé le concours de l’École Polytechnique de Yaoundé au Cameroun et, en parallèle, j’ai déposé des dossiers de candidature pour différentes bourses dans divers pays, dont la France, l’Allemagne, le Canada et le Maroc.

Nous rappelons en passant, que le concours de l’École Polytechnique est réputé être l’un des plus difficiles dans tout le pays. Quels ont été vos résultats ?

J’ai réussi le concours de l’École Polytechnique, avec un classement de 3ième national. J’ai aussi décroché la bourse d’études pour le Maroc.

 Vous avez donc choisi d’aller au Maroc.          

Oui, j’avais déjà passé deux semaines d’études à l’École Polytechnique, mais j’ai tout arrêté pour voyager vers le Maroc, où je suis arrivée vers fin septembre 2014…

Certainement en retard…

Oui, les cours ayant démarré depuis le 02 septembre, nous avions donc, à notre arrivée au Maroc, un mois de retard. Dans cet environnement extrêmement difficile des classes préparatoires, c’était assez compliqué.

Heureusement, nous avons tout d’abord reçu un accueil très chaleureux et bien organisé de nos aînés au Maroc, accueil piloté par l’Association des Étudiants et Stagiaires Camerounais au Maroc, que je remercie en passant pour tout ce qu’ils ont fait pour nous.

Quand je suis arrivée dans la ville où j’allais étudier, j’ai eu un accueil aussi très chaleureux de la part de mes camarades de classes, qui m’ont grandement aidé dans mon intégration. Les encouragements de mes professeurs m’ont également beaucoup aidé.

Bel exemple de solidarité à l’étranger.

Absolument.

Nous allons aborder maintenant des questions directement liées à la réussite scolaire et la réussite en général. Pensez-vous que la réussite s’apprend ou alors qu’il suffit juste de travailler comme beaucoup le croient?

La formule est de savoir combiner les deux : travail, et stratégie de travail. Il faut apprendre les techniques de réussite qui nous permettent de gagner plus de temps, d’être plus efficace, mais sans perdre de vue qu’il faut travailler dur. En résumé je dirais que réussir c’est travailler dur, mais en apprenant les techniques de réussite qui nous permettent, dans notre travail, d’être toujours plus efficace: un travail dur, acharné, mais qui se fonde d’abord sur une bonne stratégie.

Vous êtes une fille, pourtant vous avez choisi les sciences, et vous avez d’excellents résultats jusque-là. Vous êtes aussi partie pour avoir un parcours en ingénierie, et nul doute que ce parcours sera exemplaire. Quel conseil donneriez-vous aux autres jeunes filles?

Je leur dirais de travailler, d’avoir des objectifs clairs dans la vie, de se battre pour leurs buts, et surtout de ne pas se laisser emballer par ce qu’on voit à la télé, ne pas compter sur les autres ou attendre que quelqu’un d’autre vienne un jour faire les choses à notre place.

Il n’y a, en termes d’intelligence, aucune différence entre les garçons et les filles. Mettez la barre toujours très haute, car c’est la seule façon d’être sûre que vous aurez au moins ce qui se trouve au milieu (évitant donc en passant, ce qui est le plus en bas dans les résultats que vous voulez). Et surtout, ne vous laissez pas distraire par les histoires d’amour à tout va avec les garçons, les amourettes inutiles. Ne pas oublier que le premier mari d’une femme c’est d’abord son intelligence, ses études, ce qu’elle est capable de faire.

Des conseils supplémentaires, pour tout le monde, garçons comme filles?

J’ajouterai que, dans la vie, il faut être courageux, savoir ce qu’on veut, travailler dur et de manière stratégique, rester surtout très humble, et toujours viser très haut.

Pour votre développement personnel, lisez-vous des livres en particulier, ou des documents pour apprendre donc à toujours vous améliorer ?

Oui, je lis assez. Et, pas seulement dans les livres, mais aussi sur Internet. En particulier, je lis sur le parcours de diverses personnes qui ont réussi, qui m’inspirent, et cela me permet de rester motivée, persévérante, patiente, et de toujours viser très haut.

Nous sommes en été, mais vous n’avez apparemment pris qu’un mois de vacances…

Oui, même si les vacances s’étendaient sur 3 mois, mes vacances, elles, se sont limitées au seul mois de juillet. Je travaille depuis ce début du mois d’août, et je vais continuer ainsi jusqu’à la rentrée scolaire en septembre, puis enchainer jusqu’à la date des concours en mai. C’est difficile, ce sont d’énormes sacrifices à faire, mais je l’accepte. Malgré le fait que je sois seule, loin de ma famille qui me manque, je dois le faire, je dois travailler, parce que c’est ce qu’il faut faire, pour toute personne désirant réussir dans les classes préparatoires. C’est très dur, mais il n’y a pas de réussite sans souffrance.

Vous parlez de difficultés, en évoquant par exemple la distance avec la famille. Quelles sont les difficultés, en général, pour les étudiants à l’étranger, et plus particulièrement au Maroc?

Hum, beaucoup de choses à dire. Tout d’abord, vous êtes loin de la famille, ce qui n’est pas facile. Moi par exemple je suis la seule de ma famille au Maroc. Et vous imaginez comment cela peut être difficile pour une jeune fille de mon âge. Je suis arrivée alors que je n’avais que 16 ans, et il fallait m’adapter rapidement, en gérant le grand retard dans mes études.

À l’étranger, si loin, je suis seule face à mon destin, et je dois me battre. Je suis mon père et ma mère dans le pays. Toutes les décisions pour mon avenir je les prends désormais seule, je dois donc être très prudente dans mes choix, très futée, pour ne pas tomber dans les pièges.

Il y a aussi le problème de communication, surtout ici au Maroc où la langue parlée est l’arabe. C’est par exemple très difficile dans la rue de se faire comprendre.

Et il y a aussi assez de racisme dont nous sommes victimes. Je vous prends un des exemples : pendant la crise liée à la maladie d’Ébola, dans la rue, vous entendiez des Marocains vous crier « ébola, ébola », comme si vous étiez le virus ou la maladie ! Un autre exemple plus général: quand vous marchez dans la rue, vous entendez vous insulter « azi », « azia », des mots qui signifient « nègre/négresse ». Mais il faut être et rester fort. On est venu pour un but, il faut s’accrocher dessus, et continuer de lutter pour l’atteindre.

Et peu importe les difficultés, vous vous battrez jusqu’au bout…

Il n’y a rien à faire, et il n’y a rien qui m’arrêtera. Je vais me battre jusqu’au bout pour mes rêves et mes ambitions. Je laisse tout à Dieu, et je sais que j’y arriverais.

Excellent. L’esprit que nous voulons entre autres cultiver chez les jeunes, sur ABC Champions. Pourriez-vous, avant qu’on ne termine, nous dire quels sont vos projets d’avenir?

Je suis contente d’avoir réussi ma première année de classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs malgré mon retard. J’ai eu de bons résultats, et reçu les encouragements du staff administratif et de mes profs. Mon objectif actuel est de réussir ma 2ème année, et intégrer une grande école d’ingénieurs, ici au Maroc ou en France. Et j’ai déjà fait le choix clair de ce que je veux faire plus tard: les télécommunications. Peu après l’obtention de mon diplôme d’ingénieurs, je pourrais poursuivre dans une carrière en recherche, à travers un doctorat. Je pense aussi à créer une compagnie, quelques années d’expérience après avoir terminé mes études. Et c’est d’ailleurs un de mes objectifs principaux.

Plutôt ambitieux et assez précis comme plan, surtout pour une jeune fille.

Je ne me fixe aucune limite, et ferais tout pour y arriver. Je veux être une étoile, un exemple pour les autres filles.

Tout est dit. Faire de vous des champions, des guerriers, ambitieux et prêts à tout donner pour réussir, c’est ce que nous avons comme objectif sur ABC Champions. Vous apprendre les secrets qu’il vous faut suivre pour assurer votre réussite, c’est notre but principal. Qu’avez-vous à faire pour nous laisser vous guider? Nous suivre. Tout simplement. Et le meilleur moyen, actuellement, remplir simplement le petit formulaire qui se trouve ci-dessous, et nous allons nous occuper du reste.

 

 Entretien initié et conduit par Gervais Kamga, pour ABC Champions.

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Gervais Kamga

Par Gervais Kamga

août 6, 2015 09:03

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